
Elle lui envoya une carte d’invitation gravée sur de l’améthyste.
Quand il arriva, un majordome lui ouvrit.
Il suivit le long du couloir sombre parsemé de vapeur parfumée. Au bout de ce couloir, une porte le mènera vers son boudoir écrin.
Il tourna la poignée en ayant l’impression de pénétrer dans l’antre d’une fée. Des rideaux enrubannés de foulards multicolores de gazes lui barraient la route. Il les déliait un par un pour se frayer un chemin à l’intérieur. Une faible lumière tamisée éclairait l’endroit.
Dans la chambre, de grands coussins trônaient ça et là. Il s’installa dans un coin. Tous ces sens étaient aiguisés et les fibres de son corps se tendaient dans une attendre lourde.
Il ne voyait toujours personne mais il sentait les effluves de son parfum capiteux lui chatouiller les narines.
Soudain, un frisson lui parcourut le dos. Une musique sensuelle envahit l’endroit et il sentit sa présence dans la chambre. Elle était drapée dans un drap blanc. Elle s’approcha de lui doucement avec de pas feutrés.
Et de bien être en délice, la cape s’égrena comme par magie. Un moment, il resta pétrifié : elle portait une tenue aérienne de danseuse orientale. La jupette en mousseline laissait montrer de jambes longues et fuselées. Le haut était serti de petites perles qui scintillaient à chacun de ces gestes. Il fixa son visage caché sous un tendre rideau et il ne put qu’admirer le regard déterminé qui le dévisageait .Aux sons du luth, de la flûte et de la cithare, elle dansa la danse des flammes et celle des épées. Elle commençait à se mouvoir dans de gestes lents, se déhanchant au rythme de la musique.
Elle dansa la danse des étoiles et celle de l'univers A chaque pas, il avait l’impression qu’elle jouait sur la corde de ses veines. Il voulait qu’elle continue et en même temps, il avait une envie déraisonnée de l’arrêter et d’effacer le sourire moqueur qui se dessinait sur ses lèvres. Il savait qu’elle s’était rendue compte de l’emprise qu’elle avait sur lui, qu’il était son prisonnier.
Quand il fut arrivé à la limite du supportable, la bande magnétique toussote d'un air discret, puis se tut pour laisser la musique des corps exprimer leur accord.